Charlotte a commencé à dire des « gros mots ». Que faire quand cela se produit? L’ignorer ? Lui dire qu'on ne veux pas qu'elle parle de cette façon? La mettre en arrêt d’agir pour réfléchir?
Un problème en trois stades
1. Dans la vie d'un tout-petit, l'apprentissage des gros mots ou autres provocations avec la bouche (comme tirer la langue, faire des bruits de bouches dérangeants, etc.) se fait en trois étapes. D'abord, il entend des gros mots ou voit tirer la langue pour la première fois. Cela est susceptible d'attirer son attention par l'aspect nouveau, l'intonation, la force, le jeu que cela représente. Ensuite, l'enfant remarque que ces jeux de bouche suscitent des réactions bizarres chez les personnes de son entourage. Certains rougissent, d'autres se mettent en colère, d'autres encore rigolent. Fin du premier stade.
2. À la seconde étape, l'enfant fait lui-même l'essai de ce comportement (dans le cas présent : « traiter quelqu'un de conne »). Généralement cela arrive toujours à l'improviste, juste au moment où il y a de la visite, par exemple. Ou encore il « profère » sa trouvaille à la première contrariété. Tous les scénarios sont possibles! Bien entendu, les adultes réagissent! Je serais portée à dire que ces premières réactions sont déterminantes pour la suite. Les deux extrêmes sont à éviter: une réaction exagérée (punir, crier, donner de l'attention négative) ou une réaction trop favorable (le trouver drôle, mignon) risque d'inciter le jeune à continuer.
3. Au troisième stade l'enfant continue son manège ou le cesse. Dans votre cas, l'enfant persiste.
Que faire?
• Rappelez-vous qu'on ne peut rien faire pour éviter les étapes un et deux! Tous les enfants finissent par entendre un gros mot un jour ou l'autre ou par voir
quelqu'un tirer la langue pour narguer ;
• Restez calme. Expliquez à l'enfant, lorsqu'il est reposé et réceptif, la signification du gros mot, pourquoi ce comportement est grossier et pourquoi il n'est pas souhaitable de l'utiliser par exemple : « Tu as commencé à me traiter de conne quand tu ne veux pas m'écouter. C'est un mot que tu as appris dans la cour d'école et qui veut dire " idiote ". Je veux que tu arrêtes cette mauvaise habitude tout de suite parce que c'est laid et aussi parce que je trouve qu'un langage respectueux est important à la maison. »
• On peut mettre une règle simple: « Aujourd'hui, je ne veux pas de grimace quand je te demande quelque chose. Tu comprends bien ce que je veux? » (attendez qu'il dise oui.) « Qu'est-ce que tu décides? » Si l'enfant ne fait pas de grimace dans une situation où il l'aurait fait, félicitez-le chaleureusement ou manifestez-lui tout autre renforcement positif. Soulignez ses efforts. S'il récidive, un renforcement négatif comme de retirer un privilège (pas le droit de regarder une émission de télévision ou autre) pourrait fonctionner. On peut aussi utiliser un tableau d'encouragement. Diviser chaque journée en 3 sections: avant-midi, après-midi et soirée. Pour chaque section sans grimace, on met un autocollant. S'il fait une grimace, on met un X. S'il obtient assez d'autocollants ou fait des progrès, il peut obtenir une petite récompense (à déterminer). Une variante de ce système consiste à mettre des croix sur le tableau chaque fois qu'il a fait la grimace. Lorsque l'on arrive à un certain nombre de croix, fixé à l'avance, il y a une conséquence (se coucher plus tôt ou autre sanction) ;
• Ignorez le comportement est une autre approche. Cela demande de bons nerfs aux parents qui font simplement « le mort » et continuent comme si l'enfant n'avait rien fait. Lorsque la conduite dérangeante perd ainsi de son pouvoir, elle s'éteint, en général après quelques jours de test ;
• Une autre approche consiste au contraire à épuiser le comportement. C'est la prescription paradoxale. On dit à l'enfant: « Tu aimes faire des grimaces et tirer la langue? Eh bien voilà, tu vas en faire autant que tu veux! » On lui fournit un miroir pour qu'il se regarde. On peut en faire avec lui devant le miroir. On transforme cela en un grand jeu. On lui prescrit d'en faire pendant deux heures sans arrêter. S'il tire la langue, on lui demande: « Encore! » Il finit en général par se lasser assez vite. Pour ce qui est des gros mots, on peut lui donner la permission d'en dire mais uniquement à "Mme Toilette". La technique consiste à amener l'enfant devant la toilette et à lui dire qu'à cet endroit, et à cet endroit seulement, il a le droit de dire tous les gros mots ou jurons qu'il veut. Très souvent l'enfant refuse soudainement de les dire. Vous devez rester ferme et dire que vous resteres devant Mme Toilette aussi longtemps qu'il n'aura pas vidé sa bouche de tous les gros mots. Ne laissez pas l'enfant seul dans la salle de toilette, ni non plus jouer avec la lunette, le lavabo ou des articles. Habituellement, après quelques minutes, il se décide à dire les gros mots qu'il proférait quelques minutes auparavant. Attendez qu'il ait fini puis demandez: "En reste-t-il?" parfois cela donne lui à un second épisode de défoulement! Puis, quand l'enfant affirme avoir dit tous les gros mots, terminez votre intervention en lui disant qu'il ne reste plus maintenant que des beaux mots dans sa bouche et qu'il peut aller jouer. Paradoxal mais efficace!
Choisissez la technique qui vous semble la plus adaptée et qui risque d'avoir de meilleurs résultats avec votre enfant. Et persévérez avec cette technique au moins deux semaines avant de changer.
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Camille dit des gros mots d'Aline de Pétigny et Nancy Delvaux
Caca boudin de Stéphanie Blake
