Parlons des peurs enfantines

La période de l’Halloween est propice pour parler des peurs, expliquer aux enfants la différence entre le réel et l’imaginaire, ce qui se peut et ce qui est inventé. La peur, au départ, est une émotion permettant à l’enfant de se protéger de certaines menaces réelles, par exemple la peur du feu peut lui éviter de se brûler. Les peurs reliées aux animaux (réels ou imaginaires), à l’obscurité, aux étrangers, aux orages et aux manipulations médicales (piqûres, dentiste...) sont les plus fréquentes. D’autres ont peur des personnages tels les fantômes, les monstres, les clowns et même, le Père Noël qui viendra quelques semaines plus tard.

Comment aider l’enfant qui manifeste une peur?

  • Tentez d’abord d’identifier l’origine de la peur. Parfois il s’agit d’un événement réel: l’enfant a été griffé par un chat et ne veut plus les approcher, il a vu un film sur les fantômes et depuis il a peur de se retrouver seul... parfois la peur prend naissance dans son imaginaire. Si la peur est réelle, parlez à l’enfant de l’événement initial et encouragez-le à exprimer ce qu’il a ressenti à ce moment-là. Un bon truc – autant pour la peur réelle qu’imaginaire - est de l’inviter à dessiner sa peur, à expliquer son dessin puis à le déchirer et le jeter à la poubelle pour se débarrasser de sa peur. Cela marche souvent !
  • Certaines peurs découlent d'un manque d'information ou de son inexactitude. L'enfant peut croire, par exemple "que les araignées ont un venin mortel" alors que seules un petit nombre d'araignées vivant dans d'autres pays ont cette caractéristique. Il est donc utile de questionner votre enfant pour vérifier sa compréhension des choses. Un enfant qui se dit "Si toute cette eau de la baignoire peut disparaître dans un si petit trou, moi aussi je le peux" risque d'être angoissé lorsqu'il prend son bain, aussi longtemps qu'il n'aura pas reçu une autre explication. Faites alors des expériences « scientifiques » qui lui démontrent que ce qui est solide (une poupée, votre bras, etc.) ne peut passer par le trou de la baignoire. Les enfants ont besoin d’être bien renseignés sur le fonctionnement de leur corps, les objets qui les effraient, les phénomènes naturels comme le tonnerre, le comportement des animaux.
  • Il arrive qu'une peur soit héritée d'une autre personne. Si l’enfant a vu un adulte effrayé par le tonnerre en ayant un mouvement brusque ou un cri de frayeur, l’enfant peut se mettre à craindre le tonnerre à son tour par association. Ce n’est pas la situation en elle-même qui a provoquée la peur mais l’effroi de l’adulte.
  • Lire à l’enfant un conte métaphorique approprié peut l’aider à vaincre sa peur, par exemple « La potion magique » (peur des injections), « Le petit soleil qui ne voulait pas se coucher» (peur de la noirceur), « Jumbo Bimbo » (peur de la douleur) dans Allégories pour guérir et grandir de Michel Dufour, Éditions JCL
  • Voici quelques activités à faire quelques jours avant l’Halloween afin de préparer les tout-petits.

    - Le fantôme
    Cachez-vous ou cachez l'enfant derrière un drap et faites le bruit du fantôme (même principe que le jeu de «coucou c'est moi!»).

    - Les déguisements
    Costumez-vous devant l'enfant. Essayez chapeaux, perruques, foulards, costumes et bijoux, sans vous couvrir le visage. Puis essayez quelques morceaux à l'enfant et faites-le se regarder devant un miroir.

    - Le maquillage
    Vous pouvez faire un dessin sur la main de l’enfant ou sur sa joue, devant un miroir pour qu’il puisse constater le résultat au fur et à mesure. L’enfant plus âgé peut aussi vous maquiller.

    - Les sons de l'Halloween
    Les petits adorent imiter les bruits. Profitez-en pour lui faire découvrir ceux qui se rapportent à l’Halloween. La sorcière fait Hi! Hi! Hi!, le fantôme fait Bouuuu, la chauve-souris fait Iiiiiiiii!, le squelette fait Crack! crack! crack!. Accompagnez vos bruits de gestes, c'est beaucoup plus rigolo! Excellent pour le langage !

    - La citrouille qui se dégonfle
    Ce petit jeu simple peut durer un bon moment. Attention, il doit se dérouler sous la plus haute vigilance de l’adulte. Choisissez un ballon gonflable de couleur orange. Gonflez la «citrouille» sans l'attacher puis laissez-la s'envoler dans les airs. L'enfant doit suivre la «citrouille» du regard et par le son, puis retrouver le ballon «citrouille» égaré pour le faire regonfler… Ce jeu développe la coordination œil-oreille.