Comme Linus dans la bande dessinée de Charlie Brown, j’ai usé une couverture dans ma petite enfance à force de la trimballer partout avec moi. Beaucoup d’enfants manifestent cet attachement à une doudou, un ourson en peluche ou autre objet particulier pendant leurs premières années. Pourquoi en faire toute une histoire ? Les adultes, eux, ont bien leur numéro chanceux au loto…
Un moyen d’apprivoiser le monde
L’objet transitionnel est un objet- habituellement doux et flexible - que l’enfant peut sucer, toucher, frotter, sentir ou mettre en boule pour se blottir contre lui. Cet objet est chargé d’une valeur émotive et l’enfant le recherche pour calmer son anxiété dans une situation nouvelle ou lors des transitions. C’est un comportement tout à fait normal que présentent certains enfants et qui apparaît entre 4 et 12 mois. En créant un sentiment de continuité ce substitut aide l’enfant à apprivoiser la réalité. Voici quelques conseils à ce sujet :
- Il ne faut pas obliger un enfant à partager son objet fétiche avec un compagnon. Si l’objet en question pose problème dans une situation de groupe, on peut inviter l’enfant à aller déposer la doudou ou le jouet dans un casier « pour qu’il fasse dodo ». Il pourra ensuite le reprendre à la sieste
- Évitez de le ridiculiser pour ce petit réconfort qui, en somme, ne fait de mal à personne
- Laver la doudou quand elle atteint un certain degré de saleté n’est pas une mince affaire ! Vous devez vous transformer en fin stratège en adoptant une de ces deux solutions : la première: avoir plusieurs exemplaires de cet objet magique… mais on ne le trompe pas si facilement et l’enfant se rend habituellement compte qu'il ne s'agit pas du même ! Seconde solution: encouragez votre enfant à s'occuper de sa doudou adorée comme vous vous occupez de lui. Le bain est vital pour une bonne santé! Accordez-lui la permission de donner un bain à sa doudou avec du shampoing, en même temps ou juste après lui. Ce qui crée la tension, ce n'est pas de laver l’objet, c'est que votre enfant se sente dépossédé et exclu de l'événement
- On ne doit pas décider subitement que l’enfant est assez vieux pour s’en passer, ni l’en séparer de force, même si ce comportement est parfois agaçant. C’est à lui de décider quand il se sent prêt à délaisser son objet préféré. D’habitude, cela se fait progressivement. Certains enfants ne l’abandonnent qu’au moment d’entrer à l’école
Jamais sans ma suce !
La sucette – communément appelée suce - est utilisée pour calmer le bébé ou pour le faire patienter quand on ne peut s’en occuper sur-le-champ. Son efficacité est si grande que les anglais l’ont baptisé pacifier : pacificateur! Le nouveau-né a un impérieux besoin de succion. En satisfaisant son besoin naturel, la suce représente un élément de réconfort pour l'enfant, en plus de soulager parfois une gencive enflée par la poussée dentaire. Quelques points à retenir pour l’achat et l’utilisation de la suce :
- Il est dangereux d’attacher une longue corde à une sucette dans le but de la mettre au cou de l’enfant ou de l’empêcher de tomber par terre . Il se vend en pharmacie des attaches spéciales constituées d’un très court ruban relié à une pince que l’on fixe sur le vêtement de l’enfant
- Ne donnez pas la suce systématiquement au moindre pleurs du bébé ou dès qu’il s’agite un peu ;
- Ne vous contentez pas de la rincer de temps en temps. Il faut la nettoyer quotidiennement à l’eau chaude et au savon et la stériliser régulièrement. Toute sucette dont la tétine est déchirée ou la texture altérée doit être jetée
- Ne trempez jamais la suce dans du sucre et encore moins du miel
Vers 8 à 10 mois, les besoins de succion diminuent. C’est un bon moment pour retirer petit à petit la suce. Il faut d'abord expliquer à l'enfant notre intention de lui faire abandonner cette tétine. On peut se procurer un petit livre (genre Caillou) qui parle du sujet de laisser la suce et lui lire ce livre chaque jour. Retirez d'abord la suce le jour en « l'oubliant » ou en la retirant tout simplement. Quand l'enfant ne la réclame plus le jour, on la soustrait alors le soir. On peu proposer un biberon d'eau à la place, que l'on remplace graduellement par un verre d'eau. Lorsque l’enfant a plus de 20 mois et qu’il refuse de s’en séparer, un retrait abrupt, c’est à dire « la perdre » peut parfois s’avérer nécessaire. Après plusieurs explications et quelques pleurs, l'enfant finit par accepter de ne plus avoir cet accessoire.
Il suce son pouce
La succion du pouce ou d’un autre doigt est un phénomène très répandu : 80% des bébés s’adonneraient à cette activité de façon occasionnelle ou régulière durant la première année. Mais quand l’habitude de sucer son pouce se prolonge, les parents s’inquiètent. Habituellement ce comportement s’éteint de lui-même avec l’âge pour la majorité des enfants.
En résumé, ces comportements font preuve de la grande capacité d’invention dont sait faire preuve l’être humain pour affronter l’inconnu. Avoir une doudou, une sucette ou sucer son pouce sont des passages qui mènent l’enfant vers plus d’autonomie et de confiance.
RESSOURCES
Cajoline, au revoir la suce,
François Daxhelet,
Boomerang éditeur jeunesse,
6,95 $
Comment j'ai arrêté la sucette
Larochelle et al.
Éditions Bayard, coll. Raton Laveur
7,95 $
