Favoriser l'établissement de la latéralité

Le cerveau est divisé en deux hémisphères, droit et gauche. Selon que la dominance est à droite ou à gauche la personne sera respectivement gauchère ou droitière. On parle de gaucher contrarié pour qualifier un individu naturellement gaucher, mais que l'on a contraint à utiliser la main droite pour les tâches de la vie courante, notamment l'écriture. La latéralité est la dominance fonctionnelle d'un côté du corps sur l'autre (droitier ou gaucher), se manifestant dans la préférence des individus à utiliser sélectivement un oeil, une oreille ou un membre particulier pour accomplir une action.

Les études démontrent que la population de gauchers varie de 7 à 13 %. Nous ne savons pas encore vraiment pourquoi les droitiers sont largement majoritaires. C'est à partir de 3-4 ans qu'une préférence commence à apparaître. A 4-5 ans, 40% des enfants hésitent encore et peuvent essayer une main ou l’autre, à 6 ans la plupart sont latéralisés. La prédominance manuelle s’installe lentement au fur et à mesure que l’enfant manipule différents objets. Pour connaître la dominance d’un enfant, observez l'enfant dans les activités quotidiennes :

  • Comment prend-il sa fourchette?
  • Avec quelle main se coiffe-t-il plus facilement ?
  • Dans quelle main prend-t-il le crayon pour dessiner ?
  • Avec quelle main lance-t-il une balle ?
  • Avec quel pied tape-t-il le ballon ?
  • Dans quelle main prend-t-il le ciseau pour découper ?
  • Avec quel œil regarde-t-il dans le viseur d’un appareil photo ?

Pour observer la dominance manuelle, il est préférable que l’objet soit placé de façon « neutre » afin de ne pas influencer sa prise. Ainsi, placer la cuillère à droite ou à gauche du bol de nourriture n’est pas la meilleure chose à faire puisque l’enfant utilisera la main la plus proche. L’idéal est de placer la cuillère au centre à la verticale de façon à ce que sa prise soit aussi facile d’une main que de l’autre. Le même principe s’applique pour la prise de la brosse à dents, de la pelle, du camion, de la poupée, du pinceau, de la craie, du crayon, etc. L’enfant utilisera spontanément la main la plus habile pour agir.

Attention, capuchon ! Si vous donnez à l’enfant un crayon avec capuchon, l’enfant utilisera sa main dominante pour retirer le capuchon et conservera souvent le crayon dans l’autre main pour dessiner ou écrire. Seul l’enfant qui a une dominance manuelle bien marquée déposera le capuchon pour changer son crayon de main.

Exercices et activités pouvant aider l’établissement de la latéralité

Il est facile de préparer différentes activités amusantes qui permettront à l’enfant de graduellement affiner sa motricité manuelle fine et d'affirmer sa prédominance manuelle. Plus l’enfant a l’occasion de manipuler, plus il utilisera sa main dominante. De plus, la manipulation de petits objets favorise la prise distale à trois doigts (pouce, index, majeur) qui prépare la prise de crayon. Aussi, il est préférable d’offrir aux jeunes enfants des petits crayons de cire, de bois ou des pastels plutôt que les gros crayons feutres qui ne sont pas adaptés aux petites mains et qui favorisent malheureusement une prise palmaire peu favorable à la prise de crayon. Les activités pour favoriser l’installation de la prédominance manuelle n’ont de limite que votre imagination! En voici quelques exemples:

  • Classer des boutons par couleur ou par grosseur
  • Enfiler des macaronis pour en faire un collier
  • Découper sur une ligne pointillée
  • Jeux de lancer (quilles, poches…)
  • Demander à l'enfant de vous aider à mettre la table : il doit placer la fourchette à gauche et le couteau à droite de l'assiette
  • Pour faciliter la reconnaissance de la main droite, attacher durant quelques jours une ficelle au poignet droit de l'enfant
  • Etc.

    Préparer l’enfant à l’écriture

    Avant même d’apprendre à l’enfant à bien tenir le crayon, il est bon de l’amener à observer et à connaître le nom de ses doigts. Pour cela, plusieurs activités, tout aussi intéressantes les unes que les autres, sauront convenir aux différents styles d’apprentissage des enfants.

  • Chanter une comptine qui a pour thème le nom des doigts (pour les auditifs)
  • Faire un moulage des mains ou des empreintes des mains (pour les kinesthésique
  • Dessiner des mains ou décorer les doigts (pour les visuels)

Voici des exercices favorisant la tonicité et la dextérité tout en s’amusant :

  • Secouer les mains vigoureusement
  • Jouer aux marionnettes
  • Pianoter du pouce à l’auriculaire et inversement avec une main et ensuite avec les deux mains simultanément
  • Faire les griffes de chat : étirer les doigts puis les crisper en serrant très fort et les détendre lentement.
  • Faire tourner une toupie
  • Faire de la pâte à modeler - Dessiner des ronds, des zigzags, toutes sortes de formes
  • Etc.

      La position du corps

      Pour assurer une bonne position du corps la chaise doit être adaptée à la morphologie de l’enfant. Lorsque les fesses sont appuyées au fond du siège, les pieds reposent à plat au sol. Si la chaise est trop haute ou trop basse, les points d’appui changent ce qui provoque des effets directs sur la posture et la tenue du crayon.

      La table doit idéalement être à la hauteur des coudes de l’enfant de façon à ce qu’il n’ait pas à soulever les épaules lorsqu’il dessinera. La main non dominante sera posée sur la feuille afin de l’empêcher de bouger. Finalement, on doit s’assurer que les épaules sont horizontales et que le dos soit assez droit et dans le bon axe.

      La prise distale à trois doigts pouce, index et majeur, est la meilleure façon de préparer la prise du crayon lorsque viendra le temps d’écrire. Si l’enfant a une prise palmaire du crayon, donnez-lui un petit bout de crayon de quelques centimètres, il utilisera spontanément l’extrémité du pouce, de l’index et du majeur pour le saisir et dessiner.

      Les doigts (peinture au doigt avec de la peinture, des puddings), les craies, les crayons de bois ou de cire, les pastels, les pinceaux sont les meilleurs outils. Faites-lui explorer toutes sortes sur différentes surfaces (papier, carton, bois, plastique, verre etc.). La manipulation de petits objets est également une bonne façon de développer la tonicité et la motricité fine des doigts. Les pinceaux de différentes grosseurs sont également intéressants pour les petits. Attention cependant à ne pas choisir de trop gros pinceaux qui ne favorisent pas la prise distale à trois doigts.

      Par la suite, l’utilisation de crayons de cire est intéressante puisqu’ils permettent un plus grand nombre d’expériences kinesthésiques par la texture de la trace sur le papier. De plus, ces crayons sont petits, peu coûteux, écologiques, présentent un grand choix de couleurs et peuvent être utiles même lorsqu’ils sont brisés. À éviter cependant : les crayons de cire en forme de boule pour tout-petits qui créent une mauvaise prise du crayon.
      Le crayon de bois est certainement l’instrument idéal lorsque l’enfant s’intéresse de plus en plus aux dessins. Selon qu’il est bien aiguisé ou non, qu’on appuie légèrement ou fortement, la trace laissée sur le papier se raffine et permet l’expression d’un plus grand nombre d’émotions par la qualité du trait.

      Position de la feuille : plusieurs auteurs s’entendent pour recommander que la feuille soit légèrement inclinée à 20o, décentrée vers le côté du corps correspondant à la main qui écrit.