Après la marche, devenir propre est la deuxième étape fondamentale de la vie d'un tout-petit. Comment s'y prendre ? Quelles sont les erreurs à ne pas commettre ? Comment s'adapter à son enfant ? Voici quelques pistes.
Le plus important est de ne pas commencer trop tôt ! Pour qu’un enfant apprenne à être propre, il doit apprendre à maitriser un certains nombres d’activités complexes, en particulier le contrôle volontaire de ses sphincters, ce qu’on appelle communément « pouvoir se retenir ». Or ce contrôle neuro-musculaire ne parvient à maturité, physiquement parlant, qu’entre 18 et 24 mois. Des indices : l’enfant doit d’abord être capable de marcher seul sans appui et de monter des marches. Il faut aussi que bébé soit capable de comprendre ce que l'on attend de lui : se retenir, évacuer dans un endroit approprié et de posséder suffisamment de vocabulaire pour identifier ses besoins. Il est encore nécessaire qu'il désire faire plaisir à sa mère en évacuant dans le pot. En clair, apprendre à devenir propre fait appel à des acquisitions physiques autant qu’à l'affectif. En général, la plupart des enfants franchissent l’étape de la propreté entre deux ans et deux ans et demi, au plus tard à trois ans. L'enfant apprend d’abord à être propre le jour. La propreté nocturne vient ensuite.
De nos jours les couches sont tellement minces et sèches que l’enfant ne saisit pas toujours la nécessité d’aller sur le pot. Expliquez d’abord le processus à l’enfant. Des livres pour enfants dans le style avec de petits personnages vivant cette étape sont disponibles en librairies et peuvent servir de point de départ pour amorcer l’apprentissage. Il peut être utile de le laisser fesses nues ou en culotte de temps à autre, pour qu'il prenne conscience de la sensation de ses émissions de selles ou d'urine, mais aussi de l'intérêt d'être au sec dès qu'on l'a nettoyé. On peut ensuite commencer à asseoir bébé sur le pot entre 18 et 20 mois, en essayant de repérer des moments où il n'a pas fait pipi depuis longtemps dans sa couche ou des réactions indiquant qu’il est sur le point d’évacuer (il se tortille ou fait des efforts). Au début, assoyez l’enfant sur le pot 3 ou 5 minutes, 2 ou 3 fois par jour, pas plus. Le parent peut également amener l’enfant avec lui et le mettre sur le pot, à ses côtés, lorsqu’il va lui–même à la toilette.
Dans tous les cas où il ne fait rien, restez neutre. Constatez avec lui que le pot est vide et rhabillez-le. Si l’enfant réussit, le seul fait de le féliciter et de montrer votre approbation suffira à le motiver. Il sera très fier d’être « plus grand » et désireux de recommencer. Cette technique peut paraitre simpliste mais elle a fait ses preuves ! Dans tous les cas il ne faut pas que cet apprentissage prenne un caractère contraignant, on peut très vite décourager l'enfant et obtenir un résultat négatif. Finalement, lorsqu'on commence cet apprentissage, il faut prendre un rythme régulier : essayer chaque jour, pas seulement quand cela vous arrange, l'enfant s'y perdrait.
L'usage du pot est-il indispensable dans l'apprentissage de la propreté ? A priori, non. Rien n'empêche d'essayer de mettre un enfant directement sur les toilettes avec un adaptateur. Mais le pot est mieux adapté à la taille de l'enfant et revêt donc un caractère moins impressionnant. Choisissez un modèle avec une base stable. Si vous optez pour un adaptateur pour la grande toilette, veillez à mettre une petite base pour qu’il puisse appuyer ses pieds car si ceux-ci pendent dans le vide, l’enfant ne pourra pas pousser pour évacuer ses selles.
Il faut attendre que bébé soit parfaitement propre pendant la journée pour commencer à lui enlever sa couche durant la sieste et la nuit. Quand on remarque que la couche reste sèche plus longtemps, il faut faire un essai pour la sieste d'abord, puis ensuite pour la nuit. Il faut s’attendre à trouver parfois le lit mouillé aussi n’oubliez pas de protéger le matelas avec une alèse imperméable pour quelques temps.
Si l'apprentissage de la propreté ne pose généralement pas de problèmes, pour certains enfants cela ne va pas de soi. Et les parents dépriment devant les échecs répétés, surtout quand arrive la perspective de l'entrée à l'école pré-maternelle où les pipis dans la culotte deviennent gênants. Plusieurs causes peuvent expliquer le retard de cette acquisition :
- L’apprentissage est-il proposé trop précocément ? Dans ce cas il faut attendre un peu et tout reprendre du début;
- Attention à l’autoritarisme rigide. Les mentalités ont évolué et c'est tant mieux ! Il n'est pas question d'obliger l’enfant à rester sur le pot de longues stations. Il faut s'y prendre sans brusquer ou forcer l'enfant, sous peine de le bloquer. Les réprimandes ou les humiliations (" c'est dégoûtant ", " tu fais de la peine à maman ",…) sont à proscrire. Elles ne peuvent qu'avoir un effet négatif et développer chez l'enfant un sentiment de honte ou de culpabilité. Certains enfants qui ont été grondés peuvent en arriver à se retenir et avoir des problèmes de constipation voire d'encoprésie (émission de matière fécale dans des endroits non appropriés de façon involontaire ou délibérée) ;
- Pour certains enfants le fait d'évacuer "une partie de lui même" peut le traumatiser. C'est la peur de la dépossession. Le bébé refuse de faire dans le pot parce que la vision de ses selles l'effraie. Une consultation avec un psychologue peut aider à dépasser ce blocage ;
- Certains enfant sont pu vivre un épisode de constipation où la selle fut douloureuse à évacuer. Restés sur l’impression qu’aller à la selle fait mal, ils se retiennent, ce qui a pour conséquence d’engendrer à nouveau de la constipation… Expliquez à l’enfant ce qu’est la constipation. Faites un petit dessin montrant l’évacuation des selles et dites-lui que lorsqu’on mange des fruits et légumes et que l’on boit de l’eau, les selles sont molles et faciles à évacuer, sans aucune douleur ;
- D’autres enfants craignent de tomber dans la cuvette ou d’être aspirés par le trou. Ce sentiment peut être amplifié par le bruit de la chasse d’eau ou la vue du tourbillon. Montrez d’abord à l’enfant le mécanisme de la chasse d’eau, ce qui fait le bruit et informez-le du fait que le tuyau est trop petit pour que l’on soit absorbé. Faites ensuite de petites expériences « scientifiques » avec ces enfants en leur montrant dans un lavabo que votre main n’est pas aspirée, ni une poupée qui se trouve dans l’eau. Si la crainte persiste, racontez-lui le conte métaphorique « La petite qrenouille qui avait peur de tomber dans la toilette » (en ligne sur mon site internet) ;
- Si le problème persiste consultez d’abord pédiatre pour s’assurer que tout est normal sur le plan physique ou un thérapeute familial pour le plan psychologique.
