Votre enfant a du mal à s’endormir le soir et vous pensez demander à son éducatrice de « couper » la sieste de l’après-midi… est-ce une bonne idée? Eh, bien non. De la même manière que le fait de coucher l'enfant plus tard le soir ne résulte pas en un lever plus tardif, le fait d'enlever la sieste l'après-midi ne modifie pas son biorythme du soir. Si cela peut fonctionner quelques jours, l'enfant risque de s’habituer le jour à combattre les signes d’endormissement et de ne plus écouter ces signes le soir. Dans une telle situation le sommeil ne se décale pas, il se dérègle. (Dr Marie-Josèphe Challamel, "Le sommeil, le rêve et l'enfant", p. 192).
Pourquoi ça ne marche pas?
Notre cerveau est comme un ordinateur programmé pour dormir par cycles d'environ 90 à 120 minutes durant lesquelles alternent les phases de sommeil profond et de sommeil léger. Les spécialistes du sommeil estiment que la plupart des enfants ont besoin d'un cycle de sommeil (de 90 à 120 minutes) en après-midi, ce que l'on appelle communément la sieste. Certains d'entre eux vont moins ressentir ce besoin à partir de 4 ans. Il est alors suggéré de remplacer la sieste par une relaxation d’environ 45 minutes. Si l’enfant ne s’endort pas le soir, il faut identifier la cause (heure du coucher trop tôt ou trop tard, désir de rester avec le parent qu’il n’a pas assez vu, anxiété, test des limites ou autre) et y remédier plutôt que de retirer ou raccourcir la sieste qui n’a aucun lien direct avec le problème du soir. Si les heures de lever et de coucher ont varié, par exemple durant les vacances l’enfant se lève et se couche plus tard, il faut laisser au cerveau un temps d’adaptation au nouveau programme lorsqu’on revient à la routine habituelle. Il se peut qu’il y ait quelques soirs de coucher difficiles mais restez fermes et surtout constants, sans toucher à la sieste de l’après-midi, et le cerveau reprendra le rythme.
Quelques repères
Le sommeil est un besoin physiologique, c’est durant le sommeil que le corps récupère, que les hormones de croissances sont sécrétées, que les anticorps combattent les infections, que le corps cicatrise les blessures, que le cerveau intègre les apprentissages, etc.
Combien de temps l’enfant dort-il? Les chiffres qui suivent sont des moyennes. L'enfant de 6 mois à 4 ans va réduire progressivement son temps de sommeil diurne, passant de 3 à 4 siestes journalières vers 6 mois à 2 vers 12 mois (une en AM et une en PM), puis à une seule vers 18 mois, moment où disparaît celle du matin, tandis que s'allonge un peu celle de l'après midi (sans excéder 1 cycle de sommeil). Le bébé dort en moyenne 15 heures par jour vers six mois et ne diminuera cette quantité globale de sommeil que très lentement, au fil des années. Elle sera encore fréquemment de 13 ou 14 heures de sommeil vers 4 ans, en additionnant la sieste et la nuit de sommeil.
Les conséquences possibles d'une sieste enlevée prématurément
L'enfant privé de la sieste risque, après un certain temps, de cumuler un déficit de sommeil. Un déficit de sommeil se manifeste par:
• Un caractère plus irritable et grognon
• Des difficultés de concentration
• De la fatigue malgré la nuit de sommeil
• Une plus faible résistance aux microbes
• Un risque accru d'énurésie nocturne de terreurs nocturnes ou de somnambulisme peut apparaître après quelques semaines de carence
Comment repérer la meilleure heure pour coucher l’enfant le soir?
Surveillez les signes indiquant que votre enfant est prêt à s’endormir :
• Ralentissement des activités
• Impression de froid qui le fait pelotonner ou rechercher la chaleur
• Frottements des yeux
• Baillements
• Sucer son pouce, chercher la sucette, la doudou ou le toutou favori
• Irritabilité, «chignage »
Ces signes apparaissent lorsque l’enfant fait des activités calmes qui ralentissent le rythme (prendre son bain, histoire, jeux calmes…), il faut donc éviter toute activité stimulante (se tirailler, s’exciter, émission de télévision ou film d’action, jeux bruyants, etc.) après le repas du soir. Évitez également une activité très aimé de l’enfant juste avant le rituel du coucher pour éviter la frustration causée par le fait de devoir cesser cette activité. Une bonne séquence pourrait être repas – jeux calmes – petite collation (ex. un verre de lait) – bain – brossage de dents – histoire – dodo. Quand vous observez les signes d’endormissement, c’est le moment idéal pour mettre l’enfant au lit. Mais ne tardez pas trop car ils disparaissent après une vingtaine de minute et ne réapparaissent qu'un cycle (soit plus ou moins 120 minutes pour un enfant d'âge préscolaire) plus tard! Ce qui signifie que si vous ratez le moment où le cerveau est prêt à aller dormir, il y aura un regain d’énergie pendant environ 120 minutes avant que le cerveau de l’enfant ne soit à nouveau disposé à aller dormir à nouveau et que le cerveau n'envoie à nouveau les signaux.
Par conséquent, repérez les signes indiquant que l’enfant est prêt à aller dormir et cédulez les activités préalables à la sieste (bain, brossage des dents, histoire…) de manière à ce que la fin de ce rituel coïncide avec le moment propice à l’entrée dans le sommeil.
Références
Site formidable pour adulte et enfants! http://www.sommeil.org/index.html
Livre pour enfant : Cajoline, dodo dans son lit, Éditions Boomerang
Livre pour parents : Mon enfant dort mal, de Challamel, M.-J. et M. Thirion, Éditions Pocket Book, 1993
