Saviez-vous que les jeunes d'aujourd'hui sont 40% moins actifs que ceux d'il y a 30 ans? Pas étonnant que même les enfants connaissent maintenant des problèmes de surpoids. Pourtant les bienfaits de l'exercice physique sont bien connus. Pour les encourager à bouger, bien des parents décident d'inscrire leur enfant à un sport individuel ou d'équipe. Mais ils sont parfois perplexes devant les nombreuses activités proposées : quel sport choisir, à partir de quel âge, à quel rythme, quel type de sport pour quel type d'enfant, y a-t-il des contre-indications?
A quel âge commencer ?
Entre 2 et 4 ans, l'enfant peut commencer à s'initier à différentes activités individuelles comme la natation, le judo, le patinage, etc. Il s'agit ici d'initiations ludiques parfaitement adaptées aux contraintes et aux possibilités des très jeunes enfants dont la concentration et l'habileté est limitée. Ces activités d'éveil ont pour avantage de les aider à structurer leurs mouvements et à maîtriser leurs capacités psychomotrices.
Vers 5-6 ans, l'enfant maîtrise mieux ses gestes et sa coordination et socialise de plus avec les autres. Il commence également à comprendre le concept des " règles du jeu " et à en tenir compte. On pourra alors débuter les sports d'équipe petit à petit.
À partir de 7 ans l'enfant a acquis un meilleur contrôle de son corps, (équilibre, latéralité, coordination, etc.). Il est alors capable de tenir une raquette ou un bâton de hockey, de se positionner sur le terrain, de rattraper une balle ou une rondelle et de la renvoyer avec une certaine trajectoire intentionnellement.
Pour ce qui est de la fréquence de l'activité, il faut également l'adapter à l'âge de l'enfant. Pour les enfants d'âge préscolaire cela peut aller d'une quinzaine de minutes à une heure par semaine. Bien des entraineurs de sport estiment qu'un enfant d'âge scolaire de niveau primaire ne devrait pas faire plus de 3 heures de sport par semaine, en dehors de ses heures de classe.
Quel sport choisir ?
Certains préconisent de choisir un sport qui corrige ses points faibles. Il manque d'assurance ? Faites-lui faire du karaté. Elle est timide ? Inscrivez-la dans un club de soccer. Ces conseils, même s'ils paraissent logiques, ne donnent pas toujours le résultat escompté. Ils peuvent fonctionner comme ils peuvent tout simplement dégoûter votre enfant de ces sports.
Les dispositions dites " naturelles " ne sont pas non plus gage de succès. Inscrire la fillette au ballet juste parce qu'elle est grande, ou le garçon agressif à des sports de combat n'est pas nécessairement un service à leur rendre.
La motivation de l'enfant doit doit demeurer le premier critère dans le choix d'une activité sportive. Il doit avoir envie de pratiquer ce sport ! Les parents peuvent l'inciter, l'encourager, mais ils ne doivent surtout pas le forcer. Il suffit donc de leur proposer les activités offertes dans votre municipalité et d'être à l'écoute de ses désirs. Il faut aussi lui permettre d'en essayer plusieurs, ce qui est souvent nécessaire avant de trouver le bon. Ce n'est en aucun cas un signe d'instabilité. À moins d'incompatibilité évidente avec le sport choisi, demandez-leur cependant de faire une session de cours avant de changer, question de pratiquer leur persévérance. Évitez les projections parentales du genre " Je n'ai pas pu faire de tennis quand j'étais petite alors tu vas en faire ! "
Tous les sports sont bénéfiques et comportent des caractéristiques dont il faut tenir compte dans la sélection. Les sports individuels comme le patinage, la danse, la gymnastique ou la natation n'exigent pas de gérer des partenaires ou des adversaires. Les sports d'équipes pratiquent quant à eux la socialisation, le respect de l'autre, le partage de l'effort et le " fair-play " en cas de perte de la partie.
Y-a-t-il des contre-indications ?
Tous les enfants peuvent bénéficier de la pratique d'une activité sportive, que ce soit pour canaliser un trop-plein d'énergie, pour pratiquer la maîtrise de soi et le respect des autres, pour permettre au corps de se développer sainement ou tout simplement pour s'amuser et se faire des amis.
Il faut cependant éviter la musculation qui peut abîmer les cartilages de croissance situés au bout des muscles et nuire au développement harmonieux du corps de l'enfant.
Finalement quand les enfants en font "trop", il faut essayer d'évaluer si l'enfant fait du sport par goût ou par obligation. La demande vient-elle de l'enfant ou… du parent? La compétition prend-t-elle le pas sur le plaisir de jouer ? Faire du sport, ce n'est pas seulement pour battre des records mais aussi pour s'amuser.
Ressources
Livre "Quel sport pour quel enfant ?" de Michel Binder pédiatre, Editions Marabout, 2005
