Maman, je veux un chien !

La co-existence animal-humain dure depuis des milliers d'années. A l'origine de leur relation avec l'homme, les chats et les chiens remplissaient un rôle utilitaire: les chats attrapaient les souris, et les chiens gardaient les troupeaux et les propriétés ou encore aidaient à la chasse. De nos jours ils sont devenus des compagnons qui comblent souvent un vide affectif. Au Canada, plus de la moitié de la population a un animal de compagnie, principalement des chiens ou des chats (53% selon un sondage Léger et Marketing, 2002).

Les bienfaits de la relation avec l'animal

En tant qu'être vivants nous avons besoin de nous relier à la nature, même en pleine ville. L'enfant est curieux de ce qui l'entoure et en général les animaux l'attirent. Un animal de compagnie est un merveilleux compagnon pour l'enfant et sa présence est bénéfique à plusieurs points de vue. C'est un lien qui aide l'enfant à se décentrer de lui-même car il doit entrer adéquatement en relation avec l'animal, tenir compte de ses réactions, s'en occuper. Si l'enfant est assez âgé il peut développer son sens des responsabilités en prenant en charge les soins de l'animal. Le jeu est un outil de communication commun à l'enfant et à l'animal et celui-ci devient souvent le confident à qui l'enfant raconte sa vie ou exprime ses peurs.

Les adultes aussi gagnent à fréquenter un chien ou un chat ! La zoothérapie constitue même un nouveau champ thérapeutique ou l'animal aide l'humain à « gai-rire ». Des études ont montré que le fait de caresser un animal de compagnie réduisait de manière significative la pression artérielle ce qui contribue de ce fait à protéger les personnes atteintes de pathologie coronarienne. La présence quotidienne d'un animal est également conseillée pour les enfants en difficulté, souffrant de troubles de la communication ou d'angoisses.

Comprendre la nature de l'animal et ses règles de fonctionnement

Qu'est ce qu'un chien, pour vous? Ceux qui aiment les chiens diront que c'est un ami, un compagnon, un confident, une boule de poils, un protecteur qui garde la maison, un symbole de statut social, un partenaire pour la chasse, les yeux d'un aveugle bref le meilleur ami de l'homme ... Ceux qui n'ont pas eu des expériences positives avec les chiens diront des termes comme danger, morsure, accident, nuisances, aboiements, crottes, promenade gâchée, poule égorgée. Et pour un enfant ? Le chien peut représenter un objet de peur (suite à une menace du chien, à une morsure, à ce que disent les parents, mais aussi sans raison apparente), un compagnon de jeu, un jouet, un souffre-douleur... L'image que l'enfant a du chien naît bien sûr de la relation qu'il construit avec l'animal, mais aussi de ce que les adultes de son entourage lui transmettent et de sa culture. Un enfant de culture chinoise n'a pas la même image du chien et ne construit pas la même relation avec lui qu'un enfant de culture française ou africaine.

S'arrêter uniquement à cette image conduit souvent à faire de l'anthropomorphisme c'est-à-dire à voir et interpréter les réactions de l'animal comme s'il était un être humain. Ainsi certaines personnes vont dire que le chat est « sournois » parce qu'il se déplace silencieusement ou encore que le chien « chante » en entendant un bruit aiguë alors qu'il hurle ! La méconnaissance de la nature intrinsèque du chien, par exemple, est la principale cause de la majorité des accidents par morsure.

Il faut comprendre que le chien (ou le chat, ou le hamster, etc.) est d'abord et avant tout un animal qui a une intelligence propre à son espèce. Son cerveau est programmé, en quelque sorte, pour la survie en fonction de ses caractéristiques physiques. Le chien est un animal social qui vit en meute dans laquelle existe une hiérarchie précise avec des dominants et des dominés. Aux yeux d'un chien, la famille qui l'adopte représente sa meute dont les différents membres vont occuper instinctivement une place précise. Le père et la mère peuvent devenir par exemple le couple dominant auquel il obéira sans rechigner, un des enfants peut occuper une place intermédiaire mais encore dominante et un autre être perçu comme plus faible donc dominé par le chien qui aura tendance alors à se comporter de manière plus agressive envers cet enfant pour le soumettre. Attention ! Il y a toujours un chef dans une famille-meute et si ce chef n'est pas un des humains, alors c'est le chien ! Le chien est aussi un carnivore, donc un prédateur. Les enfants, de par leur petite taille, leur démarche ou course parfois désordonnée, leur voix moins graves, leur chutes plus fréquentes et leurs gestes imprévus lancent sans s'en rendre compte des signaux qui, en langage « chien » indiquent une proie pour le chien qui peut alors attaquer, s'il n'est pas bien éduqué et laissé en position de dominant.

Il faut donc apprendre à décoder le langage de chaque animal, ni plus ni moins « penser chien » ! Le chien qui vit en groupe peut se permettre, grâce à la protection de la meute, d'être bruyant et de laisser ses excréments visibles, lesquels d'ailleurs permettront de marquer son territoire. Le chat, à l'inverse, vit seul dans la nature et doit apprendre à ne pas attirer l'attention des prédateurs s'il veut survivre. Il va donc enterrer ses excréments pour ne pas laisser de traces ou d'odeurs et être beaucoup plus silencieux et discret. Il marque son territoire par des signaux visuels et olfactifs beaucoup plus subtils comme les marques consécutives à l'aiguisage des griffes. Les règles d'éducation du chat ne sont pas les mêmes que celle du chien et il en va de même pour chaque espèce.

Comment socialiser le chien

Un chien ne naît pas socialisé il le devient. Le chiot apprend à reconnaître l'homme comme une espèce amie entre sa 3e et sa 12e± 2 semaines de vie. Le lien d'attachement correctement créé pendant cette période avec l'espèce humaine s'oppose à la prédation. C'est pourquoi on conseille d'acheter un chien autour de 8 semaines. Il est primordial d'enseigner très tôt au chien des règles de comportement précises comme de lui attribuer un lieu de couchage un peu retiré, lui apprendre à ne pas pénétrer dans la chambre du bébé sans y être invité, lui donner son repas à des moments précis, ne pas déranger le repas quand la famille est à table, etc.

Si un chien développe de mauvaises habitudes ou présente des comportements inexplicables on peut consulter un vétérinaire-comportementaliste ou un entraîneur pour chiens. Il importe d'agir rapidement pour comprendre et corriger le problème dès que possible. Lors de la naissance d'un enfant il est nécessaire de présenter le bébé au chien sous contrôle strict. Il faut aussi ne pas le négliger et garder ses points de repère comme la promenade quotidienne pour ne pas affecter son comportement. Ne laissez jamais bébé seul avec le chien.

Dès que l'enfance commence à marcher à 4 pattes il faut lui apprendre à respecter le lieu de couchage et les plats de nourriture du chien et surtout à ne pas le déranger quand il mange ! Petit à petit les parents apprendront à l'enfant à prendre contact avec le chien. L'enfant plus âgé demande souvent un chien comme cadeau. Une telle décision ne doit pas être prise à la légère car un chien peut vivre de 10 à 15 ans et demande des soins et une attention continue. Il convient de réfléchir à la race qui convient le mieux en fonction de l'espace disponible, du tempéramment de l'enfant, des qualités recherchées chez l'animal, etc. Une fois le nouveau venu arrivé dans la famille, il faut enseigner à l'enfant comment entrer en relation avec son chien et décoder son langage. Voici des règles simples à respecter :

  • Il est préférable d'appeler le chien vers soi et non d'aller vers lui
  • Il faut toujours prendre contact avec un chien par devant et non par derrière
  • L'enfant doit reconnaitre les signaux où le chien ne veut pas jouer et le laisser tranquille
  • Tout grognements du chien sont à prendre au sérieux car il s'agit d'un avertissement qui peut mener à une attaque. Il faut alors détourner le regard (ne pas fixer le chien dans les yeux), ne pas gesticuler et reculer lentement

Le chien vit dans un monde d'odeurs aussi sentira-t-il les phéromones dégagées par un adolescent. Si le statut hiérarchique du chien n'est pas clair, l'enfant pubère du même sexe devient un concurrent direct et le chien va essayer de le contrôler par des grognements et des conduites agressives pouvant aller jusqu'aux morsures. Autre possibilité: le chien dominant peut considérer l'enfant pubère du sexe opposé comme « son » partenaire sexuel et le défendre vis-à-vis des autres membres de la famille par exemple un chien mâle dominant peut empêcher un père d'approcher sa fille.

La seule prévention est que le chien soit à sa place hiérarchique, c'est-à-dire le rang le plus bas dans la famille-meute. Si le chien de famille agresse l'adolescent, il est nécessaire de mettre rapidement en place des règles hiérarchiques strictes, et d'être encadré dans cette démarche par des professionnels.

La prévention des morsures

Les enfants sont les principales victimes de graves morsures de chien. Selon une étude (Blessures associées aux morsures et attaques de chien, Schirpt) publiée en 1996 les parties du corps les plus souvent touchées lors d'une attaque par morsure sont le tronc et les jambes (23,8%), les mains et les doigts (20,4%), les bras (15,8%), la face, la tête et le cou (40.0%). La victime connaissait le chien dans 71,2 p. 100 des cas, et habitait avec lui dans 25,7 p. 100 des cas. Il importe donc d'enseigner aux enfants comment entrer en relation avec un chien et reconnaitre son langage. Tout d'abord dans la rue, face à un chien inconnu, il faut :

  • Demander au propriétaire la permission de toucher son chien. Accepter un éventuel refus !
  • Ne pas approcher et encore moins toucher un chien attaché devant un magasin
  • Passer calmement à côté d'un chien, même s'il est tenu en laisse, laisser une distance suffisante au chien s'ils circulent en planche à roulettes, rollers ou trottinette (beaucoup de chiens ont peur, tentent de fuir, et peuvent parfois agresser par peur si à cause de la laisse ils ne peuvent pas fuir).

En cas de peur, de menace ou d'agression par un chien, il faut : détourner le regard, se taire, garder ses bras le long du corps, rester calme i.e. ne pas crier, ne pas courir, ne pas fixer le chien dans les yeux, ne pas gesticuler, ne pas lui jeter d'objet. Si le chien attaque et que vous tombez, il faut : protéger sa nuque avec ses mains, ventre contre terre, "faire le mort", à plat ventre ou en boule.

Ressources

Zoothérapie Québec est un organisme qui a pour mission de promouvoir, développer et offrir des programmes d'intervention et de prévention où l'animal de compagnie est utilisé comme agent de stimulation, de motivation et de renforcement auprès de gens de tout âge et de toute condition. Ils offrent, anetre autres le programme éducatif de prévention des morsures « Fudge à l'école » destiné aux jeunes de niveau primaire et préscolaire.
Site web : www.zootherapiequebec.ca/index.html
Région de Montréal, communiquer au (514) 279-4747
Courriel : zooq@zootherapiequebec.ca

Autre site web : www.chiensetenfants.ca
Fait par la Coalition nationale sur les animaux de compagnie et le Conseil canadien de la sécurité ce site donne des conseils aux jeunes enfants, aux parents et aux enseignants pour aider à prévenir les morsures de chien. Ils ont aussi tracer le portrait de personnalité du chien qui convient le mieux à votre famill et y trouver de précieux conseils sur le dressage du chien.